L’autrice-compositrice-interprète Augusta a sorti son troisième EP ‘Make a River of My Spine‘ le 8 mai dernier.


Augusta est une artiste folk anglo-française dont les chansons respirent la douceur et la vulnérabilité. Si elle se réclame d’une lignée d’artistes récentes telles Laura Marling, Adrianne Lenker ou Billie Marten, j’ai pour ma part instantanément pensé à Joni Mitchell en l’écoutant, question de génération sans doute. Après deux premiers EPs remarqués pour leur écriture sensible (The Beetles & the Bugs en 2022 et I Don’t Think I Do en 2023), la chanteuse a sorti son troisième opus la semaine dernière : Make a River of My Spine.
L’ouverture Aftertaste est le seul titre de l’EP en binaire. Très belle entrée en matière avec cette ballade enveloppante. Ce qui semble être une cymbale nous donne l’impression d’entendre le bruit des vagues qui s’échouent sur la plage et accompagnent les doux arpèges acoustiques et la voix suave de la chanteuse qui se double dans le refrain.
Le deuxième morceau She Begs, de couleur nettement plus mélancolique, ouvre la série des rythmiques ternaires qui vont prévaloir jusqu’à la fin de l’EP. Les textes parlent tous de relations humaines, d’amour, d’attente, de deuil. Le clip illustre un sentiment de solitude mais qui peut aussi être synonyme de renaissance et d’invitation à se ressourcer.
Autre très belle ballade en mode valse, All Through the Night bénéficie de jolies phrases délicates à la guitare électrique. Le final laisse place à la voix seule d’Augusta. Cette version live en studio reste fidèle à l’originale figurant sur l’EP :
Spine est en quelque sorte de façon raccourcie le morceau-titre de cet EP qui suggère de « faire une rivière avec sa colonne vertébrale ». C’est en effet la sensation que procure l’écoute de la musique d’Augusta : comme une sorte de fluide qui s’écoule dans notre intérieur et nous apaise. Et même si ici la guitare électrique se fait un moment plus rugueuse, c’est pour ensuite mieux terminer dans la douceur.
Et pour refermer l’EP, Wonky Knees apporte une couleur légèrement plus pop avec une mélodie plus enjouée, et son solo de guitare à la sonorité plus marquée que dans les autres chansons. Une volonté de terminer sur une note positive ? Ainsi, la mélancolie générale de l’album n’est jamais plombante et amène au contraire à la sérénité. Et l’accord final en suspens laisse une porte ouverte à tous les possibles.
Un très bel album que j’écoute en boucle depuis plusieurs semaines. Je vous le conseille plus que vivement, ainsi que de suivre Augusta sur les réseaux pour ne rien manquer de ses prochaines actualités et notamment ses dates de concerts.
© Jean-François Convert – Mai 2026




