La Pop luxuriante de Boris Maurussane

Tears of English town‘, le deuxième opus de Boris Maurussane est sorti le 26 juin. Un concept-album aux couleurs bigarrées entre pop, classique, baroque et jazz.

© Yannis Roger

Boris Maurussane est un musicien, compositeur et arrangeur français qui propose un syncrétisme musical mêlant chanson savante, incursions jazzy, musique brésilienne, harmonies pop et influences psychédéliques. Son deuxième album Tears of English town paru fin juin (chez WW2W – Hot Puma Records / Believe) s’inscrit pleinement dans cette mouvance. En le débutant par un morceau s’intitulant Overture et en le refermant par Endless, Boris Maurussane présente clairement son nouvel opus comme un concept-album.

L’auteur explique que les chansons sont reliées entre elles avant tout par leur écriture harmonique, tandis que les textes ne suivent pas forcément une trame établie en évoquant aussi bien les migrations, les imprévus et impondérables (incendies, intempéries, perturbations climatiques et amoureuses), que la confrontation des points de vue (masculin/féminin, destruction/espoir, aspiration spirituelle/critique d’un ultra-conservatisme religieux).

Musicalement on pense bien sûr aux Beach Boys et aux symphonies pop de Brian Wilson, mais aussi au Alan Parsons Project avec ce mélange d’orchestrations classiques et d’instruments rock. Robert Wyatt et François de Roubaix ne sont pas très loin non plus. Les morceaux font la part belle aux mélodies et arrangements alambiqués, aux harmonies vocales très travaillées et aux orchestrations sophistiquées.

On navigue ainsi entre vivacité dansante (The Season’s Ending), ballades enivrantes (Sur Pilotis, The End), fulgurances psychédéliques (Triangle, Christians From The Lake, le morceau-titre) instrumentaux ciselés et atmosphériques (Overture, Season Coda, Siesta), ritournelles jouissives et entêtantes à la couleur cinématographique (Bubbles), mélopées spirituelles aux influences Moriconiennes (Tuca-Flotaison, Endless), envolées lyriques (Going Down), et mini symphonie combinant orchestre classique avec un solo de guitare électrique (Decipher).

Un patchwork musical qui garde toute sa cohésion grâce aux arrangements fluides qui lient les morceaux. Pour y parvenir, Boris Maurussane a fait appel à des musicien.ne.s issu.e.s aussi bien du Jazz, du Classique ou du Baroque, que de la Pop : pianos, trompette, trombone, saxophone, flûtes traversière, basson, hautbois, clarinette et cor, ainsi qu’un quintet à cordes, une harpe et un vibraphonette ont permis d’élargir la palette sonore. Et ce type de formation « classique » n’a pas empêché l’insertion d’improvisations spontanées.

Boris Maurussane résume ainsi sa démarche : « Je voulais avec cet album proposer une musique qui soit une pure expression de la joie, d’une joie qu’on puisse entrevoir et qui reste possible malgré la tentation constante du désespoir et le chaos du monde, en traduisant l’émotion provoquée par la nature, la couleur, la lumière, toutes ces choses intangibles qui à défaut d’être des raisons concrètes d’espérer, sont des sources d’étonnement et de béatitude ».

On peut dire sans hésiter que l’objectif a été atteint, tant l’écoute de Tears of English town procure un plaisir, à la fois pour les oreilles et pour l’âme.

Suivez Boris Maurussane sur les réseaux sociaux :

© Jean-François Convert – Août 2026

Étiqueté ,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Suivez ce blog sur les réseaux