Deux têtes connues dans ‘Le train sifflera 3 fois’

Hier soir j’ai revu le fameux western avec Gary Cooper pour la première fois depuis mon enfance. J’y ai aperçu deux visages dans les seconds rôles qui ne m’étaient pas inconnus.

Un grand classique

Sorti en 1952, ce western incontournable raconte l’histoire du sheriff Bill Kane (Gary Cooper) qui juste parès son mariage avec Amy Fowler (Grace Kelly) se retrouve confronté à un ancien criminel qu’il a autrefois arrêté : Frank Miller. Celui-ci a été libéré et revient pour se venger. Kane demande de l’aide aux citoyens de la ville, mais tous le laissent tomber. Il finira par triompher seul de Miller et ses acolytes. Le train sifflera 3 fois glorifie ainsi l’honneur, l’intégrité et le courage (même si le héros admet avoir peur) face à la lâcheté exprimée par la majorité.

Un discours qui n’a pas été du goût de John Wayne. Ce dernier a exprimé sa détestation pour ce film, qu’il qualifie de « un-American », par sa condamnation de la majorité silencieuse et d’une certaine lâcheté citoyenne. En réaction, il a tourné Rio Bravo sous la direction d’Howard Hawks, autre détracteur du film. Une élément que je ne savais pas et que j’ai découvert en faisant des recherches ce soir.

La chanson qui accompagne le générique Si toi aussi tu m’abandonnes (en VF) est largement autant connue que le film lui-même.

Pourquoi ce titre ?

Quand j’étais au collège, j’avais un classeur avec en couverture Gary Cooper et le titre « High Noon ». J’avais demandé à mon professeur d’anglais comment on aurait pu le traduire, il m’avait répondu « en plein midi », ce qui effectivement correspond à la temporalité du film. Un film qui se déroule en temps réel avec son action se situant entre 10h30 et midi come l’indiquent les plans sur l’horloge dans le bureau du sheriff.

Wikipedia nous apprend que le titre original joue sur le double sens de l’expression high noon, qui, au sens propre, signifie « midi pile », mais au sens figuré, désigne l’« heure de vérité ». Après le film, to be high noon est devenu une expression courante, signifiant « être complètement seul avec de gros problèmes ». Le titre français fait référence au fait que le train de midi doit siffler trois coups au cas où Frank Miller en descendrait, précision qui n’existe pas dans le dialogue anglais du film. De surcroît, dans le film, le train ne siffle pas trois fois, mais quatre. (!)

Deux seconds rôles qui seront connus plus tard

Au delà du film de référence, au delà des souvenirs d’enfance (à la fois du film et du classeur !), ce qui m’a attiré l’œil en revoyant ce film hier soir, ce sont deux visages de personnages d’arrière plan qui sont devenus bien plus connus ultérieurement.

L’un est tout bonnement le premier qu’on voit à l’écran, sur le deuxième plan, avant même le générique. On n’entendra pas sa voix de tout le film, mais son physique au nez d’aigle et pommettes saillantes marquera le public quelques années plus tard… il s’agit de Lee Van Cleef, le futur Colonel Mortirmer dans Et pour quelques dollars de plus et Sentenza dans Le bon, la brute et le truand, ainsi que moult autres westerns italiens, notamment le personnage de Sabata. Un visage qu’on n’oublie pas au point que el dessinateur Morris le caricaturera dans l’épisode Chasseur de primes de la série Lucky Luke.

L’autre acteur que j’ai remarqué hier est Lloyd Bridges, dans le rôle de l’adjoint au sheriff, qui rêve de devenir khalife à la place du khalife. Cet acteur américain, père des acteurs Beau et Jeff Bridges, a eu une longue carrière au cinéma et à la télévision. mais si son visage m’est familier (et sans doute à bien d’autres de ma génération), c’est pour son rôle de contrôleur aérien déjanté dans la série des  Y a-t-il un pilote dans l’avion ? et Hot Shots!. Sa fameuse tirade culte « c’était pas la semaine pour arrêter… le café, la clope, l’alcool, la dope… » est restée dans toutes les mémoires.

C’était une petite madeleine de revoir ce film, et cette fois avec des yeux d’adulte pour en saisir tout le message. Avec en plus ces petits détails que j’aime tant comme la « découverte » d’acteurs connus par ailleurs. Les westerns de mon enfance recèlent encore des surprises.

© Jean-François Convert – Juin 2026

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