Il y a 40 ans sortait le film ‘Autour de minuit’

Le 24 septembre 1986 arrivait dans les salles de cinéma le long-métrage ‘Autour de minuit’ de Bertrand Tavernier.

Deux ans avant Bird de Clint Eastwood, Bertrand Tavernier signait un film où transpire l’amour du jazz, avec ce magnifique Autour de minuit. Une belle histoire d’amitié entre le dessinateur français Francis Borler joué par François Cluzet et le saxophoniste afro-américain vivant à Paris Dale Turner interprété par Dexter Gordon, lui-même grand musicien de jazz. Sorti en 1986, le film se déroule dans les années 50, période où la carrière de Gordon a connu son apogée. Même s’il avait débuté dès 1945 et poursuivi jusqu’à la fin des années 80. Il est mort d’une insuffisance rénale et d’un cancer du larynx, le 25 avril 1990 à Philadelphie.

Outre l’aventure humaine, notamment bien abordée à travers le personnage de la fille de Cluzet et sa relation quasi filiale avec le saxophoniste, le film est avant tout une ode au jazz, et sa bande son est une petite merveille. Quand le film est passé à la télévision, fin 80 début 90, je me suis empressé d’enregistrer les passages musicaux sur cassette, grâce au magnétophone de mon frère et un câble Din-RCA le reliant au téléviseur ! Une méthode que j’ai employée un grand nombre de fois pour me constituer ma sonothèque de musiques de films.

Bien plus tard j’ai acheté le CD, que j’écoute encore régulièrement et qui contient moult pépites : Bobby McFerrin susurrant le classique Round Midnight (qui donne son titre au film) ou le générique de fin Chan’s Song (Never Said), Chet Baker et sa voix tellement émouvante sur Fair Weather, la performance glamour de Lonette McKee dans How Long Has This Been Going On?, les compositions et arrangements de Herbie Hancock, et bien sûr le jeu de Dexter Gordon, tantôt écorché et dissonant (Body and Soul, The Peacocks), tantôt virevoltant, aérien et festif (Una Noche con Francis, Rhythm-A-Ning), ou langoureux (Still Time), le tout accompagné par des pointures, que ce soit Tony Williams à la batterie, Ron Carter à la basse ou encore John McLaughlin à la guitare, entre autres. Sans oublier la superbe partition de Bobby Hutcherson au vibraphone dans Minuit Aux Champs-Elysées.

Une magnifique bande originale pour un très beau film qui ne peut que faire aimer le jazz. Un film qui sortait il y a tout juste 40 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Septembre 2026

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