Il y a 45 ans sortait ‘Abacab’ de Genesis

Le 18 septembre 1981 arrivait dans les bacs ce onzième album studio de Genesis. Pas le premier de la formation à trois, mais un des plus emblématiques.

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Je l’ai déjà exprimé dans une chronique, je préfère de loin la première période de Genesis, plutôt que la seconde. Cette première période que je préfère nomme « période Hackett », et non pas « période Gabriel », car le changement de direction musicale s’est faite à mon sens bien plus après le départ du guitariste que celui du chanteur-flutiste.

Quoiqu’il en soit, même si je ne suis pas grand fan de la « période Collins » (pour celle-ci, aucun doute sur la dénomination), j’avoue que Abacab sorti en 1981 sort un peu du lot à mes oreilles. Le grand virage du prog vers la pop FM a déjà eu lieu avec And then they were three (1978) et Duke (1980), mais ce troisième opus de la formation à trois (Collins, Banks et Rutherford) marque de son empreinte un peu plus que les deux autres.

La photo à l’intérieur de la pochette

Avec ce disque, on entre de plein pied dans les années 80. La production typique des eighties imprègne les neuf chansons : synthétiseurs proéminents, batterie bien en avant, voire boite à rythmes parfois (Me And Sarah Jane, Man On The Corner). Le morceau-titre qui ouvre l’album donne instantanément le ton avec sa rhythmique monolithique et une sensation de mur sonore en forme de bloc qui avance de façon imperturbable. Quant au nom, il désigne tout simplement la structure musicale avec ses parties A, B et C qui en les inscrivant dans la continuité du morceau ont donné : ABACAB.

Même si dès la tournée 1976, il a fallu recruter un batteur (d’abord Bill Brufford de Yes et King Crimson, puis Chester Thomson) et plus tard un guitariste (Darryl Stuermer à partir de 1978), le groupe enregistre ses albums studio uniquement en trio. C’est d’ailleurs sous cette formule que les trois compères s’affichent dans leurs clips vidéo. Collins assure le chant (principal et chœurs, ceux mimés par Rutherford et Banks dans le clip d’Abacab ne sont que de la figuration) et la batterie, Rutherford joue les parties de guitare et de basse, enfin Banks officie bien évidemment aux claviers.

Cet album comporte tout de même une exception avec le single No Reply at All où interviennent les Phenix Horns, la section cuivres de Earth, Wind & Fire. Mais les trois musiciens se sont amusés à les mimer dans le clip vidéo, en plus de leurs instruments respectifs :

Au milieu de chansons résolument pop (No Reply at All, Me And Sarah Jane, Keep It Dark, Like It Or Not, Another Record) émerge un morceau qui qui lorgne vers le passé progressif du groupe : Dodo / Lurker surprend avec son intro emphatique puis un leitmotiv obsédant régulièrement interrompu par de brusques changements d’ambiances, et un solo de synthé à la tonalité aigrelette. Certains passages semblent vouloir rappellent les grandes heures d’anciens titres comme Eleventh Earl Of Mar ou One for the vine, sans jamais toutefois parvenir à les égaler à mon goût. Et le titre suivant Who Dunnit?, il donne l’impression d’un à l’OVNI qui peut soit agacer, soit fasciner, c’est selon.

Quant à la pochette, il s’agit d’un motif abstrait initialement conçu pour un livre, et réalisé par l’artiste anglais Bill Smith. Elle a été déclinée en quatre versions, dont trois ont été à tirage limité, après quoi le label du groupe, Charisma Records, a choisi de conserver en stock le montage original (celui en bas à gauche dans la photo des quatre) :

Une peinture abstraite, des musiques à tendance pop-rock et au son massif bien ancré dans son époque, mais toujours plaisantes à écouter. S’il n’y avait qu’un seul album que je devais retenir de cette deuxième période de Genesis, ce serait celui-ci, Abacab, sorti il y a tout juste 45 ans aujourd’hui.

© Jean-François Convert – Septembre 2026

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