Laura Veirs en solitaire sur ‘Temple Songs’

Le nouvel album de Laura Veirs ‘Temple Songs’ est sorti la semaine dernière. Il a été entièrement écrit, enregistré, arrangé, produit et interprété par l’autrice-compositrice-interprète.

Laura Veirs est une autrice-compositrice-interprète américaine née en 1973 et ayant débuté sa carrière en 1999. Sorti le 14 août dernier chez Raven Marching Band Records, Temple Songs est son quatorzième album studio. L’artiste est allez jusqu’au bout de sa démarche d’indépendance en assumant du début à la fin tous les aspects de la réalisation des 11 titres : écriture, composition, arrangements, enregistrement, production.

Et surtout, la chanteuse s’est également révélée multiinstrumentiste : Laura Veirs joue de la guitare, de la basse, de la batterie, du tambourin et des percussions, en plus d’assurer les parties vocales. Seul un saxophoniste est venu apporter une touche supplémentaire, sur les morceaux Out From Undercover et Pulse, ce dernier étant sorti en single :

Les orchestrations sont épurées et sont construites sur très souvent le même schéma : une voix la plupart du temps doublée, accompagnée par une guitare acoustique, à laquelle s’ajoutent des textures électriques délicates. Ce climat sonore provient tout simplement de la configuration minimaliste utilisée pour enregistrer l’album : deux micros et un ordinateur portable dans une petite pièce d’environ 13 m2.

Laura Veirs n’a utilisé ni piste de clic ni instrument électronique, travaillant au feeling et à l’intuition tout en regardant les bambous se balancer devant la fenêtre de son studio. Le deuxième single Flying Into Darkness est illustré par un clip où le voyage est visiblement rendu possible grâce à la musique :

Cette atmosphère à la fois intime, onirique, courageuse et discrètement rebelle transparait dès le titre d’ouverture, également sorti en single : Arc Still Bends. Le titre est aussi la question centrale et inquiète de la chanson : “The arc still bends towards justice, right?” signifie « L’arc de l’histoire tend toujours vers la justice, n’est-ce pas ? » Dans ce texte, Laura Veirs affronte les sentiments de désespoir contemporains.

Elle explique : « Cette chanson s’interroge sur la pertinence actuelle de l’idée de Martin Luther King Jr. selon laquelle “l’arc de l’univers moral se courbe vers la justice. Elle se situe dans cet espace inconfortable entre le doute et l’espoir, aux prises avec un sentiment de futilité dans le moment présent, tandis que le refrain tend vers quelque chose de plus lumineux :‘I’ve been searching for a remedy / guess I’ll keep searching / but three sunbeams I found / warm the cold ground.’ Pour moi, ces rayons transparaissent dans le son lui-même : les lignes de guitare électrique du refrain me font penser à la lumière du soleil. » 

Tout au long du processus de création de l’album, Laura Veirs a adopté le concept japonais du wabi-sabi choisissant de ne pas corriger la justesse des voix ni de retoucher les imperfections. « Je voulais créer quelque chose qui sonne de la manière la plus organique et la plus humaine possible » précise-t-elle. Cette inspiration de philosophie japonaise se retranscrit dans le dernier morceau Sunlight and Doom qui sonne typiquement comme une musique venue de l’empire du soleil levant.

Un album parfaitement équilibré avec dix chansons, entrecoupées par un interlude instrumental Colors Sing, situé à l’exact milieu de la tracklist. « les couleurs chantent » nous disent ces arpèges mélancoliques. Une expression qui résume bien l’ambiance générale de Temple Songs.

© Shelby Brakken

Laura Veirs sera en concert le 14 avril 2027 à la Mécanique Ondulatoire (Paris). Retrouvez toutes ses infos sur les réseaux sociaux :

© Jean-François Convert – Août 2026

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