Trois albums pour un printemps jazzy

Aujourd’hui jour du printemps, sortie de trois albums au son du jazz : Jean-Michel Lamazou, Clovis Nicolas et Charlie Wood.

Le 20 mars célèbre l’arrivée du printemps. Le soleil fait son retour et les températures plus douces s’accompagnent naturellement de légèreté. On a forcément envie d’écouter des mélodies gaies qui invitent à la rêverie, à l’insouciance, au sourire. Ces trois albums qui sortent aujourd’hui sont parfaits pour se laisser porter par le début de la nouvelle saison.

Jean-Michel Lamazou – Tradition vol1, The Cole Porter Songbook

Le répertoire de Cole Porter est rempli de classiques qui ont émaillé l’Histoire du Jazz. Accompagné d’un quintet (piano, guitare, saxophone, contrebasse et batterie), Jean Michel Lamazou interprète dix chansons emblématiques de Cole Porter, enregistrées à Nashville sous la direction du producteur Bryan Clark. Cet album est le premier volet d’une trilogie consacrée à l’héritage du jazz vocal : Le volume 2, déjà presque terminé, présentera dix standards favoris de l’artiste, et le volume 3 sera un hommage vibrant aux compositions de George Gershwin.

Originaire d’Aix-en-Provence, aujourd’hui installé à Paris, Jean Michel Lamazou chante depuis l’âge de 18 ans. Parmi sesinfluences il cite volontiers Chet Baker, Billie Holiday, ou Diana Krall. Il explique que ce disque a concrétisé pour lui « l’envie de revenir aux fondamentaux … de se réfugier dans le confort de la tradition, comme un retour à la maison... »

Les arrangements mêlent classe et élégance. La voix du chanteur tout en finesse et les instruments aux sonorités sophistiquées donnent la sensation de flotter, et offrent un très bel hommage à la musique de Cole Porter. Jean Michel Lamazou sera en concert le 24 avril 2026 au Sunside à Paris.

Clovis Nicolas – Blues in Blueprint

Place à un disque entièrement instrumental avec cet album du contrebassiste Clovis Nicolas. Douze titres, des compositions originales et des reprises de morceaux-références composés par les maitres du genre : Sidney Bechet, Duke Ellington, Ornette Coleman, Carla Bley ou Wes Montgomery. Le sous-titre 12 Variations on the Blues parle de lui-même : le trio piano-contrebasse-batterie revisite le blues en le « jazzifiant ». Enregistré et mixé en temps réel au studio Sear Sound à New York par le légendaire James Farber, Blues in Blueprint incarne l’Histoire du jazz à travers des standards tels Old Stack O’Lee Blues, Twisted Blues, One for My Baby (And One More for The Road) et le morceau-titre bien sûr.

Pour sentir le parfum printanier, on préférera plutôt la nonchalance de ces classiques qui respirent une légèreté évidente plutôt que l’expérimentation plus ténue des titres signés Clovis Nicolas. Et l’album se referme sur l’intemporel Abide With Me, à l’origine un hymne religieux du 19ème siècle, mais qui est devenu in intournable du répertoire jazz, de Thelonious Monk à Ella Fitzgerald.

Entre swing raffiné et improvisation ouverte, en passant par des atmosphères teintées de gospel ou de rhythm and blues, Clovis Nicolas signe avec Blues in Blueprint, un album à la fois respectueux de la tradition et résolument tourné vers l’avenir.

Charlie Wood – Your Love is my Home

Ici c’est la romance qui domine. Le chanteur et pianiste Charlie Wood chante l’amour à travers ses propres chansons ou des reprises soit de standards jazz (Stardust, Willow weep for me), soit plus surprenant du répertoire pop : Still Crazy After All These Years de Paul Simon ou Love de John Lennon qui clôt l’album. On trouve même un titre d’Elvis Costello (Shipbuilding) et un autre d’Amy Winehouse (Love Is a Losing Game), preuve des goûts éclectiques de Charlie Wood. Sans oublier son attrait pour la soul de Memphis avec une reprise de You Send Me de Sam Cooke.

« Ça a été un processus très libre. », raconte-t-il à propos de l’enregistrement de ce disque. « J’ai pu me concentrer sur le chant sans trop me soucier de l’écriture. On a enregistré certaines de mes chansons préférées avec seulement quelques-unes des miennes. » Et les morceaux signés de sa plume n’ont rien à envier aux références du genre : Home, une tendresse écrite pour sa femme, et Love Can’t Love Alone, une ballade groovy qui fait montre de son affinité pour l’écriture de paroles. « J’ai toujours été très – peut-être trop – attaché aux paroles », explique-t-il. « Mais j’ai appris à oser la simplicité. »

Avec Your Love is my Home, Charlie Wood nous offre un album en forme de déclaration d’amour : à la musique, aux gens, aux endroits qui nous façonnent.

Le printemps est là. Et notre esprit aspire à cette douce musique qui donne des ailes. Un sentiment de liberté, de fraicheur et d’amour qui flotte dans l’air. Ces trois disques sont une parfaite bande son pour la belle saison qui commence.

© Jean-François Convert – Mars 2026

Étiqueté , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Suivez ce blog sur les réseaux