Après la sortie du single ‘Chance to Bleed‘ en avril, l’album ‘Philadelphia’s Been Good To Me‘ de Kurt Vile est disponible depuis le 29 mai.
Fin avril je vous avais annoncé la sortie de cet album de Kurt Vile, auteur-compositeur-interprète américain, fondateur du groupe The War on Drugs. Le single Chance to Bleed laissait transparaitre une influence légèrement garage rock que n’aurait pas renié Neil Young.
L’écoute de l’album en intégralité dévoile des couleurs un peu plus pop que je n’avais pas soupçonnées. Le premier titre Zoom 97 est plutôt dans une ambiance positive et enjouée, en comparaison du reste de l’album globalement mélancolique et plus calme.
La plupart des douze morceaux sont basés sur des grilles à deux ou trois accords qui tournent en boucle, que ce soient les chansons proprement dites ou les deux instrumentaux Red Room Dub et Piano for Sarah.
Dans ses textes, Kurt Vile parle de sa pratique musicale de façon très concrète et détaillée : dès l’ouverture, le songwriter raconte qu’il « a écrit une chanson » que certains ont dit qu’il s’y « prenait mal » et que ses « accords résonnent sur une guitare-mandoline Gold Tone ». La deuxième chanson se nomme littéralement 99 BPM, terme qui désigne le tempo (bpm = beat per minute / battement par minute), et il parle de son bassiste qui l’a rejoint avec son groupe. Dans 99th song (qui dure (plus de 10 minutes !), il explique carrément comment il a composé le morceau à partir de son « looper rouge » en jouant « du soir au matin » et surtout en jouant « doucement et lentement ». Il parle même de son « logiciel qui plante » et de ses « pédales » (d’effet). Des méta-paroles en quelque sorte, où le musicien détaille précisément ce qu’il est en train de créer…
Côté influences, Kurt Vile évoque le classique des sixties 96 Tears (par Question Mark & The Mysterians) dans 99 BPM, mais surtout il cite directement Neil Young et Bruce Springsteen (« Neil and the Boss ») dans You don’t know cuz it’s my life. Il précise dans les paroles que ses deux « héros » ont écrit une chanson sur sa ville d’origine bien qu’ils n’y soient pas nés eux-mêmes. En effet, les deux auteurs ont signé respectivement Philadelphia et Streets of Philadelphia (pour la B.O. du film éponyme de Jonathan Demme avec Tom Hanks, Denzel Washington, Antonio Banderas et Jason Robards) mais sont natifs du Canada et du New Jersey. Kurt Vile, lui, a grandi à Philadelphie et cet album est d’ailleurs dédié à sa ville, qu’il affirme chérir, comme l’indique littéralement le nom du disque : « Philadelphie m’a bien traité ».
Le morceau-titre débute sur des nappes de synthé aux sonorités surannées. C’est justement l’atmosphère générale qui ressort de cet opus Philadelphia’s Been Good To Me : un climat Lo-Fi, une démarche de type home-studio-DIY avec cet esprit un peu garage que j’avais perçue dans le single Chance to Bleed, mais qui s’adoucit sur les autres morceaux. Les guitares sonnent souvent assez clean, comme par exemple dans la chanson éponyme ou l’instrumental entêtant Red Room Dub :
Je ne connaissais pas Kurt Vile et j’ai été saisi par un album prenant, déjà écouté maintes fois depuis une semaine. Un artiste que je vous invite à découvrir.
Kurt Vile sera en concert en France :
- le 15 août – La route du Rock
- le 28 août – Festival Rock en Seine
© Jean-François Convert – Juin 2026





