J’ai re-re-re-re-re-revu ‘Police Python 357’

Hier soir Arte diffusait ‘Police Python 357’, mon film culte à égalité avec ‘Il était une fois dans l’ouest’. Bien que je le connaisse par cœur, je n’ai pu m’empêcher de le regarder à nouveau.

Je ne prévoyais pas de regarder Police Python 357 hier soir à la télé. J’ai l’ai vu maintes fois (je ne sais plus exactement combien), je l’ai décortiqué sous tous les angles, j’ai le DVD avec un documentaire en bonus, c’est mon deuxième film culte ex-aequo avec Il était une fois dans l’ouest… bref, je n’avais pas de raison particulière de m’assoir devant. Et puis, en allumant mon téléviseur, comme celui-ci est toujours par défaut sur Arte, je tombe sur le premier plan du film avec le tic tac des réveils, juste avant le coup de semonce de la musique magnétique de Georges Delerue… et quelques secondes après, l’apparition du Colt Python, et là forcément je ne peux m’empêcher de rester scotché devant ces images que je connais pourtant par cœur.

J’ai d’ailleurs déjà chroniqué le film (au sein d’une sélection de 15 long-métrages) en novembre 1921, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Yves Montand, et presque simultanément des 30 ans de sa disparition :

Et malgré tout, même après l’avoir vu un nombre incalculable de fois, j’ai encore découvert quelques détails. Déjà, dès la séquence d’introduction j’ai été frappé par un problème de synchro audio/vidéo. C’était tout simplement flagrant car le point d’orgue de la musique de Delerue est censé coïncider pile avec le plan où Montand glisse son Python dans son holster à la ceinture.

Et là ce n’est pas le cas dans la copie diffusée sur Arte hier soir, ni sur celle disponible en Replay ! Ci-dessous, à gauche la version originale du film avec le bon timing images/musique, et à droite la version d’Arte (le moment en question est à 1:13 sur l’originale et à 3:14 sur la version d’Arte).

Problème de défilement du film au moment du télécinéma ou de la numérisation ? Du passage de 24 à 25 images par seconde ? Bizarre… Quoiqu’il en soit, je n’ai pas constaté d’autre desynchro (par exemple labiale) durant le reste du film. Juste une fin de scène avec le son mal mixé, qui fait qu’on distingue mal la fin de phrase du personnage joué par Simone Signoret à 00:56:17 (« le coupable c’est lui »).

Je suis en revanche tombé sur un plan complètement sous-exposé qui m’avait échappé lors des précédents visionnages. J’ai vérifié sur le DVD, il figure bien de la même façon sur le film original. Il se trouve dans la scène où les policiers inspectent la garde-robe de Sylvia, à 01:01:38, alors que les plans juste avant et juste après sont parfaitement éclairés :

Un autre détail qui m’a frappé alors que je n’y avais jamais fait attention auparavant : la camionnette bleue garée sur le parking du supermarché et derrière laquelle Ferrot assomme le témoin gênant, est presque la même que celle qui écrasera un des malfaiteurs du hold-up dans la dernière séquence du film. J’ai cru un moment qu’il s’agissait exactement de la même (les deux scènes ont pu être tournées à peu de temps d’intervalle par souci d’optimisation des lieux), mais non, ce sont bien deux véhicules différent :

J’ai revu avec amusement la scène où Ferrot se soule dans un bar. Il y croise un routier-éleveur transportant ses cochons, que l’inspecteur de police va libérer sur la voie publique. Ce personnage qui « aime ses cochons » est jouée par Claude Bertrand, la célèbre voix ayant doublé moult personnages aussi bien dans des films que des dessins animés, et dont j’ai parlé récemment.

Par ailleurs, je ne m’étais jamais attardé sur le générique final. C’est assez savoureux de voir défiler les marques phares des années 70 : Ray-Ban, Lustucru, Vedette, Rowenta, Hitachi… de même que l’identité de l’entreprise ayant fourni le fameux Colt Python, je ne l’avais jamais noté. Il s’agit de Gastinne-Renette, une maison fondée par Louis Gastinne et Albert Renette en 1812 à Paris pour fournir du matériel de duel, de guerre et de chasse, et reconvertie depuis en maroquinerie ! Et on remarque que sont indiquées les marques des costumes de Signoret, Périer et Sandrelli, mais pas de Montand…

Enfin, un dernier élément qui m’avait troublé dès la première fois que j’ai vu le film (vers 1984 environ) : le programme de Télérama affichait une image mais qui n’apparait pas dans le film. Ce n’est pas exceptionnel, tous les longs-métrages ont des photos promotionnelles qui ne sont pas des plans tirés du montage final. Je pense par exemple à l’affiche du Clan des Siciliens ou des Sept Mercenaires :

De même, il existe aussi pour Police Python 357 quelques images où Montand pose, sans doute à destination de la communication du film à l’époque. D’ailleurs, l’une d’elle a servi pour une édition DVD affichant un modèle du Colt Python en format 6 pouces, alors que l’arme dans le long-métrage est équipée d’un canon 4 pouces :

Mais ce n’est pas à ce type d’images auxquelles je pense. Celle que j’évoquais plus haut est un plan montrant Ferrot à terre en train de se saisir de son colt. L’image est clairement tirée de la séquence où l’inspecteur interpelle l’Alsacien. Sauf que ce plan n’apparait nullement dans le film. J’ai revisionné la scène pour en être certain. Et il ne peut s’agir d’une photo promotionnelle, car l’acteur est indéniablement dans une position de mouvement, il ne pose pas comme pour un poster ou une affiche. Aussi, je me demande si cela pourrait être un plan issu d’un premier montage et finalement coupé ? Encore une question qui restera vraisemblablement sans réponse.

Et pour terminer, j’ai vu il y a peu (quand je faisais de recherches sur Claude Bertrand) un reportage tourné par France 3 Centre-Val de Loire dans la série Ici en France, qui revient sur les lieux du tournage à Orléans, notamment pour la célèbre scène où l’inspecteur tue son supérieur, le commissaire Ganay :

Sans aucun doute, une scène centrale du film, à mettre aux cotés des deux autres très éprouvantes : la défiguration au vitriol, et le « suicide » de madame Ganay. Un moment très singulier dans la mesure où il est interprété par le coupe mythique Signoret-Montand, l’une demandant à l’autre d’appuyer sur la détente pour la tuer. Comme je l’expliquais dans ma chronique en 2021, le tournage ne s’est pas passé comme prévu.

Un couple iconique, un film qui m’a marqué à vie et que j’ai revu encore avec grand plaisir hier soir. Et mon DVD m’a bien servi pour revérifier certains détails.

Et puis ce film m’a aussi fait penser à mon ami Denys. Il m’avait illustré ma précédente chronique du film (comme bien d’autres), et surtout il était lui aussi originaire d’Orléans et connaissait bien les lieux du tournage en octobre 1975.

© Jean-François Convert – Octobre 2026

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