Le groupe rennais Kystaal a sorti son premier album ‘Amour Boréal’ au mois de juin. Un mélange de claviers synthétiques et de grosses guitares.
Krystaal est groupe rennais fondé en 2024. Il est issu de la réunion de la jeune chanteuse Romane avec les musiciens du groupe The Black Leaders. Cet Amour Boréal est leur premier album, sorti le 19 juin dernier. Actuellement en tournée, le quintet mêle douceur pop et énergie rock, paroles poétiques et textes engagés. En guise de premier essai, Krystaal propose un opus riche et dense : 14 titres pour une durée totale de près d’une heure. Enregistré au Studio La Datcha de Brest par Sébastien Lorho, Amour Boréal s’inscrit dans la lignée d’un rock français pleinement assumé.
Le premier morceau Mon étoile s’ouvre sur une intro très rock avant de distiller des paroles oniriques. Une ambiance qu’on retrouve dans Ton regard me berce qui alterne les couplets hachés en syncopes et les refrains aux envolées lyriques où brille la voix éthérée de Romane. Et toujours ce climat aux accents parfois synth pop dans Les bras de Morphée qui n’hésite pas à surfer sur une rythmique légèrement reggae dans les couplets pour devenir plus rock dans les refrains. Tout comme C’est pas la même qui mélange synthès et grosses guitares avec une rythmique funky sur l’outro un peu façon U2. Quant au morceau titre, il ne sonne pas du tout nordique comme on pourrait s’y attendre pour une atmosphère boréale, mais serpente au contraire dans les arabesques d’une mélodie aux intonations orientales.
Un autre versant crucial de la musique de Krystaal est indéniablement son engagement quasi militant. La guerre économique offre une belle chronique sociale que n’aurait pas renié un Gauvain Sers par exemple, tandis que Les partisans clame clairement un appel à la résistance, ou que Rien n’est écrit critique ouvertement la classe politique et évoque sans détour les barricades. Avec son rock aux effets electro, Dernier soir alerte sur l’urgence de l’état du monde, mais le positif Anesthesié offre une lueur d’espoir.
Krystaal n’oublie pas ses origines en célébrant la ville de Rennes dans la chanson éponyme. En l’écoutant, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec l’ode à Brest par Matmatah. Et le groupe rennais choisit de refermer son premier album dans une douceur romantique avec la très belle ballade Tombée. Une fin qui fait écho au single Redis-moi et sa pop enjouée célébrant l’insouciance de l’amour juvénile.
Au final, un premier album qui porte un regard lucide sur notre monde actuel, mais non fataliste, et appelant plutôt à l’action qu’à la résignation. Accompagnez Krystaal dans cette jeunesse pleine d’espoir en les soutenant en concerts et en les suivant sur les réseaux sociaux :
© Jean-François Convert – Août 2026





