‘Wild Love’, le tout premier album solo de Nina Winder-Lind est sorti avant-hier. Une ode féministe à la liberté.
Comme je vous l’annonçais le mois dernier, Nina Winder-Lind, chanteuse du groupe rock The New Eves, sort son premier album solo : Wild Love, arrivé dans les bacs ce vendredi 14 août chez Transgressive Records. Si son quatuor électrisant de « Hagstone rock » était déjà à forte propension féministe, l’autrice-compositrice-interprète enfonce ici le clou avec son échappée en solitaire.
L’expérience féminine est clairement un fil conducteur tout au long de l’album, avec des chansons qui rendent hommage aussi bien aux générations précédentes (Grandma and Robert De Niro par exemple, ou foremothers, littéralement « ancêtres féminines ») qu’aux jeunes filles du présent que la société tente encore m’malheureusement de cloisonner dans des clichés éculés.
l’album rayonne d’une énergie animale débridée : un sentiment irrésistible de vitalité, de mouvement et d’abandon émotionnel. Ainsi, les morceaux sont souvent construits sur un schéma de « torrent sous l’eau qui dort » avec un démarrage faussement serein qui laisse exploser ensuite une rage non contenue. C’est le cas notamment de You’re not an Angel qu’on croit d’abord comme une sorte de mimétisme Dylanien, avant d’être submergé par une vague punk bien plus proche des Pogues ou de Patti Smith que du grand Zim, pour se terminer dans un chaos extatique débridé.
On retient également l’ouverture déterminée Street Hassle (« problèmes de rue » une allusion au harcèlement banalisé que subissent les femmes?), mais aussi une jolie valse nostalgique jouée à l’orgue dans Hymn, tandis que Love you so se transforme en valse à la fin du morceau. On est surpris par l’étonnamment calme et contenue ballade Everything Is About You ornementée d’une mélodie au violoncelle puis aux cuivres, ou encore par l’aérien et planant When the Cranes, avant de retomber en terrain plus évident sur le final rageur et libérateur Foremothers.
Quant au troisième single Headfirst, après les deux premiers déjà présentés précédemment, il reste dans la tête grâce à sa ritournelle hypnotique mais qui se transforme en embrasement choral sur le final :
Produit par Jack Ogborne (Bingo Fury, The Cindys), avec qui elle collabore depuis longtemps, Wild Love a été enregistré dans deux studios de Bristol : l’un situé sous la salle de concert emblématique Louisiana et l’autre dans une église réaménagée. Winder-Lind est accompagnée tout au long de l’album par son groupe de scène, notamment Ella Oona Russell, également membre de The New Eves, ainsi que Finlay Burrows, Edward Deeney et Toma Sapir, avec la participation de Francesca Brierley (heka, Dorothy).
Au départ ce ne devait être qu’un EP mais grâce au soutien de Transgressive Records, Wild Love est devenu un album complet en rassemblant certaines des toutes premières chansons de Winder-Lind ainsi que des titres plus récents, unis par une vision artistique singulière qui exprime le droit à jouir de la vie sans entraves.
Nina Winder-Lind sera en concert le 4 décembre au Klub à Paris. Suivez son actualité sur les réseaux sociaux :
© Jean-François Convert – Août 2026






