Le jeune artiste aron! a sorti vendredi son premier opus ‘Too close For Running’. Un habile mélange de pop et de jazz.
De son vrai nom Aaron Singer, le chanteur, auteur-compositeur et multi-instrumentiste américain originaire de Charlotte (Caroline du Nord) aron! a connu le succès sur les réseaux sociaux et n’avait sorti jusqu’à présent que des singles et un EP Cozy You l’année dernière. Composé de 12 titres et paru ce 18 septembre, Too Close For Running est son premier album. Il retranscrit bien son style, dénommé par certains media comme « crooner 4.0 », en l’occurrence un subtil cocktail de références jazzy des années 40-50 avec un aspect plus moderne et des touches de pop actuelle. Sa signature chez Verve démontre bien son appartenance au style jazz qui a fait les grandes heures du label newyorkais. Mais son jeune âge (21 ans) le destine plutôt à un public de sa génération, tout comme les deux invitées qui interviennent sur le disque : Dodie et Mei Semones.
Des l’ouverture Love Is How You Lose on s’évade dans une ambiance estivale. Arpèges acoustiques, harmonies vocales et cordes romantiques dressent un décor de coucher de soleil et d’insouciance romantique. Le morceau suivant Shiny Stockings poursuit entre pop feutrée et bossa jazzy. Deux clips pour l’illustrer sont disponibles :
La troisième chanson rivalise encore plus de nonchalance tout en affichant un côté glamour irrésistible. Le duo avec la chanteuse Dodie et son clip où les deux font preuve d’autodérision assumée est une petite douceur sucrée à laquelle il est impossible de ne pas succomber. Sorti en single, Call When You Can a définitivement déclenché mon attrait pour la musique d’aron! et mon envie d’écouter son album.
Macramé offre un autre duo, cette fois avec Mei Semones, sur un registre légèrement funky. Rainy Miami, Clementine et le morceau titre baignent dans une atmosphère aérienne et un brin mélancolique, tandis que Tandem Bike et Not For A Lack Of Trying nous entrainent sur un tempo plus enlevé.
Et quand il s’agit d’être emporté par le rythme, on se laisse guider par le charme désuet de Wonderful thing. Une valse délicieusement rétro qui a bénéficié là aussi de deux clips. Une déclinaison en deux versions, l’une réellement filmée, l’autre en animation avec les paroles, comme ça se fait régulièrement chez beaucoup d’artistes :
A travers toutes ces chansons, on ressent une sensation constante de flotter au-dessus des nuages. La fluidité des mélodies n’a d’égale que la finesse des arrangements, et le côté à la fois léger et parfaitement maitrisé nous montre un jeune artiste qui chante et qui joue comme s’il avait déjà une longue discographie derrière lui. Quand on sait qu’aron! a eu envie de se mettre à la musique, et notamment à la guitare, en jouant à Guitar Hero à l’âge de 8 ans, on savoure la façon dont il s’est approprié le lexique musical. Si l’album se referme sur un probable hommage à la six-cordes du jeu vidéo de son enfance (Broken Guitar), c’est bien dans l’avant-dernier morceau que culmine son art de la composition. Le poignant I Told My Mom About You nous laisse entendre un musicien autant à l’aise au piano qu’à la guitare, d’ailleurs sa chaine YouTube propose également une version de Wonderful thing où il s’accompagne uniquement au piano.
Un artiste complet qui signe un coup de maitre avec ce premier album, et qui annonce une carrière très prometteuse. Suivez toutes les actualités d’aron! sur les réseaux sociaux :

© Jean-François Convert – Septembre 2026




