Paru le 18 septembre dernier, ‘Second Song’ est le cinquantième album studio de Neil Young. Certaines critiques n’hésitent pas à le comparer aux chefs-d’œuvre du songrwriter, tels ‘Harvest’, ‘On The Beach’, ‘Comes A Time’, ou ‘Harvest Moon’.
Neil Young semble intarissable en matière d’inspiration. Le songwriter américano-canadien continue d’écrire, composer et enregistrer régulièrement. Dernier opus en date : Second Song, un album de sept chansons, sorti le 18 septembre dernier. Les critiquent sont très positives et placent ce disque au même niveau que les chefs-d’œuvre du Loner :
- « Un nouvel album aux faux airs de “Harvest” pour le Loner, qui allie audace, mélancolie et accords minimalistes sur un album porté par le groupe The Chrome Hearts. Et n’hésite pas à prendre son temps pour dérouler de très belles chansons. Cet album, ‘Second Song‘, est proche de la perfection qui émanait de ‘Harvest’ (1972), ‘On The Beach’ (1974), ‘Comes A Time’ (1978), ‘Harvest Moon‘ (1992) » – Télérama
- « L’interaction entre le travail de composition de Young lorsqu’il était plus jeune et la situation musicale (et émotionnelle) dans laquelle il se trouve en 2026 semble constituer le fil conducteur de SECOND SONG. » – NPR
- « SECOND SONG est peut-être l’œuvre la plus tendre de Young depuis Silver & Gold (2000) et sans doute sa meilleure depuis plus d’une décennie. » – Mojo Magazine
- « SECOND SONG… son meilleur album depuis Sleeps With Angels. » – Paste Magazine
Pour l’avoir écouté plusieurs fois déjà, j’ai moi aussi ressenti une inspiration dans la veine de ses grands albums. Avec des mélodies simples et des progressions harmoniques très classiques, Neil Young nous parle du temps qui passe, de son histoire, mais aussi du présent et même de l’avenir. A 80 ans passés, le Loner semble serein et heureux, et c’est ce qui transparait dans ces sept titres, cinq nouveaux et deux anciens : Casting Me Away From You et I’ll Love You Forever. Ce dernier a une histoire singulière.
Neil Young raconte lui-même à ses fans comment cette chanson a vu le jour avec les Squires à Fort William, en Ontario, en novembre 1964 : « Un animateur de cette station de radio cherchait à me faire enregistrer un morceau et à le diffuser à l’antenne, puisque je n’avais encore jamais sorti de disque. Nous l’avons donc enregistré, puis nous l’avons finalisé. » Cette opportunité offerte par une station de radio locale fait désormais partie de l’histoire des débuts de sa carrière.
C’est la thématique globale de l’album : le songwriter revient sur des moments clés de sa vie, et tous les morceaux sont empreints de nostalgie. Tout comme I’ll Love You Forever, l’autre ballade Casting Me Away From You date aussi des sixties, deux chansons que Neil Young n’avait jamais publié jusqu’à présent. Ce souhait de revenir sur sa jeunesse s’exprime également dans les clips Day After Day et Casting Me Away From You qui sont illustrés par des images issues de ses archives où on le voit dans son ranch et au volant de sa camionnette :
Cette nostalgie se traduit naturellement par une musique aux teintes mélancoliques et à forte dominance acoustique. On trouve tout de même un soupçon d’électricité plus marquée dans Soon I Might Be Going dont l’ambiance ressemble à Cortez the Killer et la mélodie m’a un peu rappelé le refrain de I Believe in You.
Il y a également du piano, et plus surprenant, de la flute, sur Earth girl et The Foggy Edge of Time. Ce premier titre exprime bien le sujet de l’album : « Les confins brumeux du temps » dont nous parle Neil sont le fil conducteur de ce disque au titre de « seconde chanson » dont le morceau éponyme a de fortes réminiscences musicales de Harvest Moon à mes oreilles. Le Loner se livre dans ses paroles: « À travers les feuilles fumantes du temps, les mots ont jailli dans cette seconde chanson qui est la mienne… ».
Tous les clips s’appuient sur des images de route, de voyage… La pochette montre notre homme au volant de sa voiture, lui qui a toujours aimé les cylindrées, et était venu pour la première fois aux Etats-Unis en corbillard ! Les paysages, le cheminement de la vie, ses errances et ses flâneries, c’est ce que nous montrent ces vidéos, au son de la voix toujours aussi belle et pure de Neil Young. Le songwriter iconique de plusieurs générations reste définitivement un jeune musicien octogénaire actif et toujours plein de vitalité, qui n’a pas fini de nous surprendre.
© Jean-François Convert – Octobre 2026




